BREST 1996
UNE FRESQUE , MAIS SURTOUT DES TOILES DE PAUL BLOAS POUR BREST 96
Paul Bloas s'ancre à Brest. Ce qui ne le privera pas d'aller explorer les autres cités du monde dont le patronyme commence par cette lettre de l'alphabet, bonnasse avec ses deux bedaines rebondies. Après Berlin et Beyrouth ce sera Buenos - Aires. Des échappées qui n'empêchent pas que les friches industrielle du port de commerce, les bistrots ou se retrouvent les gens de mer, dockers , careneurs, filles faciles et femmes fragiles, gardent leurs pouvoir d'évocation créatrice. Au dela de la fresque de 15 mètres sur 10 qui va se détacher sur Brest 96, ce sera plutôt du côté de ces 40 peintures qui évoquent le Brest portuaire, qu'il faudra tourner son regard.
U
n matelot monumental appuyé sur une balustrade. Il fallait bien que Brest la militaire soit évoquée lors de ce rassemblement de voiles Elles ont elles aussi, plus qu'à leur tour, évoqué le souffle
des boulets tout autant que le parfum des épices. Qu'importe puisqu'on suppose que l'aventure pouvait être au rendez-vous et qu'un romantisme un peu frelaté nous permet de colorer une réalité finalement assez triste, quasi disciplinaire des attributs de la légende maritime. Paul Bloas y sacrifie allégrement dans ce travail " strictement décoratif qui a repris les contraintes de Brest 92 " Mais pour peu qu'on y porte attention, il introduit dans cette fresque les éléments de ce qui représente un tout autre aspect de son travail. Le masque blanc du caréneur de la Sobrena est deja présent dans l'image d'Epinal. C'est l'attribut de bon nombre de professions (équipes de sécurité , peintres, réparation navale , apponteurs...), le sésame qui conduira vers ces bateaux qui parlent de bateaux en attente, d'hommes qui "bossent" et qui ont besoin de se pousser de l'épaule devant un zinc pour mieux exister, de femmes qui, dans les fin de nuit, laissent aller leur corps sans calcul. Il y a beaucoup de poésie rude dans ce qu'a peint Paul Bloas, de cette lumière froide chère à Mac Orlan, tout cela enveloppé dans des tons ors crépusculaires, "presque pour dire que qu'on voit là est exceptionnel, menacé". Paul Bloas a peint la mer des Tartares. L'ennemi attendu ne sera pas chamarré en cliquetant d'armes mais bardé de registres comptables. .

" Un travail strictement décoratif, pas plus que cela." (Photo Ouest-France)
" J'ai peint la mer des tartares"
( Article OUEST-FRANCE Brest)