BREST 2004
UNE FRESQUE SUR LE FEU
Sa fresque accrochée à la façade du Grand Large, sur le port de commerce, avait fini par faire partie du paysage. La petite dernière est en fin de gestation au Fourneau. A la demande de la ville, Paul Bloas s'est lancé dans une nouvelle évocation maritime. Un lamaneur en plein mouvement, dans un style épuré, baignant dans la couleur. En- tre deux coups de pinceaux et un grand coup de balai, pour étaler ses fragments de lumières, le peintre revient sur son amour pour le port, son activité et ses vrais métiers qui continuent à l'inspirer. Mais au fait , dérange- t-on un ar- tiste occupé à faire son ciel ? ( Article stéphane Jézéquel - Le Télégramme de Brest)
O
n ne dérange pas un peintre qui fait son ciel. Sur- tout si c'est un ciel de tempête. Paul Bloas retourne immédiatement à son seau, son pot de peinture, et
Les grandes surfaces à peindre n'ont jamais effrayé Paul Bloas qui réalise actuellement la nou- velle fresque du Grand Large, le bâtiment emblématique du port de commerce. Isolé dans la gran- de halle du Fourneau, le peintre a terminé hier son ciel de
tempète, au pinceau et ba- lai, comme il se doit pour une fresque de 140 m2.
• Le lamaneur, la personne chargée de l'amarrage des navires à quai, se retrouve au cœur de cette nou- velle fresque commandée par la ville.
• Avec moins de personnages, l'artiste s'est concentré tout spécialement sur les couleurs (Photo: Le Four- neau)
UNE FRESQUE BRUTE DE PORT
ne". "Avec ce personnage qui jette une amarre, j'ai voulu symboliser l'accueil au port, l'abri, l'hospitalité ", explique t-il au moment de la pause. Mais comme d'habitude avec Paul Bloas, un niveau de lecture ne suffit pas. Les couleurs vives tranchent avec la rondeur des cordages et d'un personnage en mouvement. La coque d'un pétrolier à qui il tend la main approche sa large gueule, tel un monstre marin à la peau rouge sang
saisit un balai qu'il frotte sans ménagement sur les feuilles de contreplaqué clouées au sol. "Cela fait trois jours que j'essaie d' en venr à bout, mais cette fois-ci, je crois que c'est bon". Il le tient son ciel perturbé. Enfin pas tant que cela, puisque l'on distingue comme une éclaircie au niveau de la mer.
15 m sur 9 m
Paul Bloas est au travail depuis une semaine et espère livré ses 140 m2 de fresque pour dimanche soir. Les empoyés mu- nicipaux seront chargés de la hisser sur la façade du Grand-Large. Un coup d'œil du haut de l'échelle posée en plein milieu . "C'est ce ciel qui va donner toute la teneur à la scè-
Exercice de couleurs
"Ce travail est sans doute plus épuré, davantage axé sur la couleur". Son personnage romanesque garde des mensura- tions caractéristiques mais s'est considérablement affiné, sans doute le coté physique du métier. Au mouvement s'accroche la lumière, qui aura une importance prépondérante sur sa toile posée en expérieur.