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AINSI SOIT TULLE
FILMOGRAPHIE
CATALOGUE 1990
DIVERS
DVD OFFICIEL
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1990
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Couverture du catalogue " Ainsi soit-tulle " - format 210 * 297 mm - 14 pages . Edité pour l'exposition au musée du Cloitre à Tulle en juillet-aout 1990
Préface de Philippe Vergne:
U
ne œuvre de Paul Bloas s'amorce par un travail préalable se situant entre le repérage et la déambulation et le repérage cinématographique. Par une intelligence , de l'espace, du cadra- ge, il vient métamorphoser des lieux dénués de tout évènement, qui, à la périphérie de la vie
sociale ont été déclarés caduques. Le débris, ainsi célébré, se fait support, témoin d'une obstination à installer sa peinture dans la pénombre, à investir des "nulle-parts", et les ériger en sites. Bloas mani-feste un attachement aux signes d'une lente crépitude, et ses œuvres, dépendant de l'espace et du temps n'ont pas plus de permanence que les "marches" nécessaires à leur découverte. Érigés sur des sédiments avant d'en acquérir eux-mêmes la nature, ces "manteaux de papier"tiennent leur beauté de l'indifférence à la durée. La confrontation de la fragilité du papier à la vaine resistance de la ruine, tend à l'allégorie du monde périssable, où l'éphémère apparait comme un malheur allant de soi. L'œuvre est alors vouée à la mémoire. Une mémoire où la photographie, moyen au service d'un geste, prend, au même titre que le site, la nature d'une trace, encadrée et ramenée à l'échelle du lieu d'exposition. Ces clichés associés aux travaux préparatoires, transforment la galerie en espace de lecture, tenant de l'album souvenir, du recueil d'archives. Ils soulignent ainsi un écart entre le souvenir et l'œuvre. Écart qui exclut le spectateur de cette dernière. L'acte créatif ne trouvant pas sa finalité dans l'objet exposé, la photographie est l'intermédiaire entre la réalisation in situ et le regard qui la constitue par son cheminement. Le cinéma peut alors devenir une vision possible sur l'œuvre en renforçant la cohésion de la peinture avec l'espace, et avec le récit qu'ils soutiennent. En effet, les réalisations de Bloas sont articulées en fiction, adaptées et intégrées au milieu géographique. Ici le thème est métaphore d'une décrépitude. Parabole du profane harcelant le sacré, ou le parti pris de la faute viendra s'unir à celui du bien suprême dans le chœur d'une chapelle délaissée. L'acte d'amour se rapproche alors du sacrifice, et l'amant ne désagrège pas moins la femme possédée que le sacrificateur l'homme mis en croix. L'érotisme devient immolation en transgressant l'interdit de la chair ainsi révélées comme fondement d'une déchéance. Déchéance répondant à la lente dégradation de l'œuvre.
La chapelle St Pierre - (Photo internet)
L'art de Bloas est terrifiant. (Préface du catalogue "Ainsi soit Tulle" par Philippe Vergne - 1990)