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Préface du catalogue par Jacques COUSINET ,directeur de l'institut français de Bilbao :
L'ombre de Jean Genet, rebelle fondateur et voya-geur sans trève plane sur tout l'œuvre peint de Paul Bloas. A Belgrade, il était question du voyage éclaté et douloureux des Tziganes, à Berlin de la mémoire de l'antique Pergame, à Pontaniou de la "taule" et de ses souffrances ("C'est Mignon déculotté, assis sur la latrine de faïce blanche"); à Bilbao Bloas a dédié son travail aux métallos d'Acénor, dernière grande aciérie de Vizcaye, au bord du gouffre.En juillet dernier, lors des premiers repérages et malgré grèves et fermétures, Bloas avait pu rencontrer les ouvriers et discuter avec eux. Ils s'étaient aimablement prété au jeu de la photo et cet album de famille allait devenir la sour-ce d'inspiration du travail du peintre.; chaque indi-vidu sortait alors du groupe fraternel de la photo de famille et allait vivre, sur les murs de la cité, une vie autonome et solitaire. L'unité de travail éclate et chacun se retrouve seul au coin d'une rue ne sa-chant que faire qui et comment aimer, que et vers où regarder. L'histoire de ces hommes de papier et de couleurs inscrite aux quatre coins de la ville est aussi l'histoire tragique de ces ouvriers qui, peu à peu, sont chassés des usines où ils sont nés et où sont nés leurs pères et s'en vont, d'un pas lent, en regardant vers la mer ("...Car mes livres seront-ils jamais autre chose qu'un prétexte à montrer un soldat vêtu d'azur, un ange et nègre fraternels jouant aux dés ou aux osselets dans une prison sombre ou claire ?"). La dernière image peinte par Paul Bloas, près de l'autoroute, est celle d'un géant en bleu de chauffe, une valise à la main.... |
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